Des vacances à Istanbul sous le signe du Covid-19

Depuis 2020, voyager est devenu quelque chose d’assez compliqué. Les réglementations dans chaque pays changent (très) souvent, les frontières s’ouvrent et se ferment à la vitesse grand V et il est difficile de circuler d’un endroit à l’autre sans le fameux sésame : le test PCR négatif. Pourtant, certaines destinations restent relativement ouvertes aux touristes (encore faut-il avoir le droit de quitter le territoire de son pays d’origine), parmi lesquelles, la Turquie. C’est pourquoi j’ai décidé de profiter des vacances de Pâques pour me rendre à Istanbul, une ville dont j’ai beaucoup entendu parler mais que je n’avais encore jamais eu l’opportunité de visiter. En plus, c’est parfait, puisque Istanbul est désormais plus ou moins à mi-chemin entre l’Azerbaïdjan, où j’habite actuellement, et la Serbie, où mon amoureux Saša (que vous connaissez bien désormais si vous suivez ce blog) vit toujours.

Partie 1 – Être un touriste à Istanbul

Pour aller en Turquie, il vous fallait début avril trois choses : un billet d’avion, un test PCR négatif et un numéro HES obtenu en remplissant un formulaire en ligne. Rien de plus simple jusque là. Ce numéro HES, lié à votre passeport, vous est ensuite demandé pour prendre les transports en commun ou à l’entrée des musées de la ville. Grâce à cet identifiant, le gouvernement peut suivre vos allers et venues et surtout (surtout !) vous envoyer en quarantaine obligatoire dans le cas où vous vous retrouvez positif au Covid-19 pendant votre séjour. Mais ça, on en reparle plus tard.

Lorsque nous sommes arrivés à Istanbul, Saša et moi étions heureux de trouver une ville pleine de vie. Les magasins et musées sont ouverts, les cafés et restaurants accueillent du public jusqu’à 19h, puis proposent de la vente à emporter. Il y a un couvre-feu mais, pour une raison que j’ignore, ce dernier ne s’applique pas aux touristes et donc ne nous concerne pas (après, bon, quand tout est fermé, il n’y a pas trop de raison d’être dehors…). Les masques sont obligatoires à peu près partout, ce qui ne nous dérange pas puisque c’est devenu la norme je pense dans la plupart des pays. Bref, on est prêts pour partir à la découverte de la ville comme de bons petits touristes, et ce pour la première fois depuis longtemps !

Istanbul est une ville, comment dire, assez grande (pour ne pas dire, gigantesque !) avec énormément d’Histoire et de choses à voir. Nous avons fait tous les classiques, bien sûr : le Palais de Topkapi, l’église le musée la mosquée Hagia Sophia, le grand bazar et bien d’autres.

Dans le quartier touristique de Sultanahmet, il est possible de visiter beaucoup de lieux intéressants qui font d’Istanbul une véritable ville d’Histoire. Par exemple, le palais de Topkapı, où tous les Sultans ont vécu jusqu’en 1853. Vous pouvez vous balader dans toutes les pièces du palais : les cuisines, les pavillons pour les invités, la librairie, les jardins, ou encore le harem et même une église (mais ça, ce sont des tickets séparés et malheureusement nous n’avions plus l’énergie pour cette partie). Cette visite vaut vraiment le coup car en plus d’une collection d’armes et de montres (oui, je sais pas trop pourquoi), les objets de la vie quotidienne sont également présentés : la vaisselle, les ustensiles de cuisine… Enfin beaucoup de choses liées à la nourriture quand même ce qui est toujours intéressant vous serez d’accord.

A côté du Palais de Topkapi, il y a également un musée d’archéologie qui nous a été recommandé mais que nous n’avons pas eu le temps de visiter malheureusement. N’oubliez pas d’aller faire un tour à l’église/musée/mosquée de Sainte Sophie, qui vaut vraiment le détour. En plus depuis que c’est redevenue une mosquée, c’est gratuit ! Et les femmes peuvent visiter l’espace principal sans aucun soucis. Idéal pour faire une petite pause sur le tapis en admirant les lustres et l’ambiance à la fois chaleureuse et mystique de l’endroit. La Mosquée Bleu, très connue également, se trouve juste à côté. Elle est en ce moment en rénovation et il n’y a donc pas grand chose à voir pour le moment.

Pour quelques souvenirs, mais surtout pour l’ambiance, bien sûr un petit tour au Grand Bazar est obligatoire. Attention, armez vous de patience et de confiance, car il va falloir tout négocier (un exercice très éprouvant pour moi, du coup j’ai laissé Sasa le faire hihi). Le Marché aux épices est également joli à voir. Mais les meilleurs souvenirs, croyez moi (j’insiste, croyez moi) sont à trouver à la Tour Beyoglu. Je vous conseille donc de faire vos achats au moment de la visite car vous ne pourrez pas retourner dans la boutique ensuite sans repayer un ticket d’entrée. J’en ai fait les frais (300 lyra et une dispute avec la dame de l’entrée, très exactement). Enfin, autre mosquée jolie à voir avec ses tuiles bleues, la Mosquée Rustem Pacha à côté du bazar.

Le quartier aux alentours de ces lieux touristiques est à éviter à tout prix, sauf si vous êtes fan des propriétaires de restaurants qui vous appellent dans la rue en environ 12 langues différentes jusqu’à ce qu’ils devinent votre nationalité (et non, on est pas Russes, désolée !) ainsi que les boutiques de souvenirs 100% made in china. Pour moi, les balades dans ce genre d’endroits sont toujours des expériences traumatisantes. Au contraire du quartier de Beyoğlu où nous avions notre Airbnb, qui est aussi très touristique mais d’une façon beaucoup moins agressive.

Partie 2 – Dolce vita stambouliote (très rigolo ce mot)

Même s’il y a beaucoup de choses à voir à Istanbul en terme d’attractions touristiques, je dirais que visiter Istanbul est bien plus une expérience à vivre au quotidien plutôt qu’en tant que touristes. Enfin, c’est vrai que je pourrais dire ça de tous les endroits dans le monde en réalité. Après tout, impossible de comprendre un endroit sans y vivre, et même en y vivant, c’est toujours avec une vision extérieure, celle d’un étranger, qu’on appréhende les choses. Et je sais de quoi je parle ! Mais ça, c’est une autre histoire.

Je suis très heureuse que, par chance, et parce qu’on voulait le Airbnb le moins cher possible pour nos vacances petit budget, on ait quand même réussi à atterrir dans un quartier à la fois sympa, central et touristique mais à un niveau acceptable. Nos hôtes Airbnb nous ont expliqué que, étant donné que le quartier est ancien et protégé, ce n’est pas possible de détruire les immeubles pour les remplacer par des hôtels très chers. C’est pourquoi beaucoup de Turcs habitent encore à Beyoğlu, un quartier où il est encore possible de se loger pour les locaux, ce qui le rend beaucoup plus agréable et intéressant pour les touristes de passage comme nous. Je vous conseille par ailleurs les appartements loués par nos hôtes, Erol et Emre, deux frères absolument formidables qui nous ont aidé pour à peu près tout durant notre séjour. Grâce à eux, nos vacances covidées se sont déroulées au mieux malgré les nombreux changements de dernière minute.

Saša, Erol et moi : après deux quarantaine on commence à créer des liens !

Il y a pas mal de choses à voir dans le quartier de Beyoglu également. Mon musée préféré est le musée Dervish que j’ai trouvé super intéressant pour mieux comprendre cette pratique spirituelle.

Finalement, mes souvenirs préférés d’Istanbul sont tous liés à des lieux de la vie quotidienne que nous avons eu la chance de croiser au détour d’une ruelle escarpée. Par exemple, nous avons pris de nombreuses fois le bateau-bus des transports publics et c’était toujours un moment formidable. C’est là d’ailleurs que j’ai réalisé que ce serait difficile pour moi d’habiter loin de l’eau (heureusement, mon plan étant de retourner vivre à Bordeaux un jour, ça va, puisqu’il y a aussi le bateau-bus là bas !). Le parc côté asiatique est également le lieu idéal pour une après-midi de chill au soleil, parmi les locaux, juste à boire une bière en écouter les concerts spontanés qui émergent à droite à gauche.

J’ai désormais trois restaurants préférés à Istanbul, sans compter les bars en rooftops. Le premier s’appelle Limonlu Bahçe. C’est une collègue qui me l’avait recommandé et c’est un endroit magique à l’abri des regards ! Il faut vraiment connaître pour oser s’aventurer dans le dédale d’escaliers. En plus, leur spécialité, c’est, vous l’aurez compris, le citron, et moi, j’adore les citrons. Le deuxième restaurant préféré est Kahve 6 et c’est l’endroit le plus merveilleux pour le petit déjeuner ou le brunch. On y est allés sous la pluie, montant et descendants les rues escarpées, affamés, énervés, fatigués, avant de finalement entrer dans ce paradis. Avantage majeur en cette saison encore printanière, leur terrasse est couverte, donc vous pouvez manger dehors malgré la pluie et ça, c’est quand même le top du top. Mon troisième endroit préféré est une sorte de guinguette de sandwich aux poissons appartenant à la « S. S. Uskudar Fisheries Cooperative« , sur les quais, pas très loin de la Maiden Tower. C’est tout simple, très bon (encore faut-il avoir envie d’un sandwich au poisson) et l’atmosphère est super agréable. Rien de prétentieux, mais le lieu idéal pour une pause pendant une longue balade le long des quais.

Last but not least, les rooftops ! A Istanbul, les bars sur les toits sont très courant mais parfois un peu cachés ! Il faut oser s’aventurer dans des immeubles en travaux, demander l’information au gardien ou tout simplement, sonner à la porte. Dans notre quartier, Beyoglu donc, nous en avons découvert 3 dans un rayon de 200 mètres autour de notre Airbnb. Le premier, Balkon, plutôt bar/restaurant, était caché dans un immeuble en travaux, lui même dans une rue en travaux, et on a failli ne pas aller voir, ce qui aurait été bien dommage comme vous pourrez bientôt le voir en images. Le deuxième, Nuit Terrasse, qui porte bien son nom puisque c’est plutôt un endroit ou se retrouver le soir pour boire des bières, était facile à trouver mais encore faut-il demander au monsieur assis devant la porte de vous ouvrir. Heureusement il n’y a pas de mot de passe mais, avis aux timides, il faut toujours oser demander ! Le 3ème rooftop qu’on a découvert, d’abord sur Google Maps car il avait un nom rigolo puis en vrai après avoir tourné 1000 fois autour de l’adresse, c’est le Monkey Bar. Là, il faut entrer dans un immeuble où le bar n’est pas du tout indiqué, regarder le gardien à l’entrée avec une tête sympathique et dire le mot magique : « Monkey ? » pour pouvoir accéder aux ascenseurs et découvrir la formidable carte de cocktails du lieu. Bref, les rooftops, c’est toute une aventure, mais ça vaut le détour ! 🙂

Partie 3 – Se faire Covider à Istanbul

Cet article s’appelle « Vacances à Istanbul sous le signe du Covid » car nous avons effectivement attrapé le Covid pendant notre séjour à Istanbul. La veille de notre départ nous nous sommes fait testés et nous avons été très surpris de découvrir que le test de Saša soit revenu positif. Au début on pensait que c’était peut-être une blague de nos hôtes Airbnb. Mais non, c’était bien vrai. On s’est donc retrouvés tous les deux en quarantaine tout de suite pour 10 jours. Il a fallu télécharger une application, connectée à nouveau à notre numéro de passeport et notre code HES : effectivement, nous étions considérés « Risky » et désormais interdits de sortie. Nous avons donc dû évidemment changer nos billets d’avion (quelle aventure), négocier avec la compagnie aérienne pour moi étant donné que mon test était négatif mais que j’étais quand même quarantinée (cas de figure inédit pour eux apparemment), et finalement choisir quels films nous allions regarder pendant tout ce temps à l’intérieur. Merci à l’Institut français de proposer des films de qualité en streaming par le biais de son offre IF Cinéma à la carte (oui je suis très corporate).

Après 7 jours de quarantaine, j’ai commencé à ressentir des symptômes évoquant le Covid et j’ai donc demandé un nouveau test : l’équipe d’infirmiers se rend directement à notre domicile pour effectuer le test qui est revenu, évidemment, positif (en même temps quand tu commences à perdre l’odorat et le goût c’est vrai que le doute est quand même plus trop permis). J’ai donc à ce moment là à nouveau été assignée à résidence pour 10 jours supplémentaires alors que la quarantaine de Saša a, elle, conservé sa durée d’origine. En effet, considéré comme sûrement « guéri » après une dizaine de jours d’isolement, son statut n’est plus à risque. Heureusement pour moi, il a pu négocier avec son travail et sa compagnie aérienne pour rester avec moi à Istanbul pendant ma deuxième quarantaine. J’ai également reçu une petite boîte de médicaments avec 8 cachets à prendre tout de suite (oui oui, 8), 8 le lendemain matin, puis ensuite le reste de la boîte 3 par 3.

Alors que nous étions coincés dans notre Airbnb, les règles sanitaires en Turquie ont commencé à devenir plus strictes. D’abord, alors que le mois de Ramadan commençait, les restaurants et les cafés ont dû fermer aux clients et ne pouvaient faire que de la vente à emporter. Le couvre-feu est, lui, resté à 19h, règle qui ne s’appliquait toujours pas aux touristes d’ailleurs. Jusqu’à ce que, tout à coup, la nouvelle tombe : 3 semaines de quarantaine pour tout le pays avec par dessus le marché interdiction de vente d’alcool ! Bref, un ramadan très fun. Il fallait vraiment partir : la quarantaine, passe encore, mais alors trois semaines sans bière, ça, jamais.

Malgré ces quelques mésaventures, il est évident que nous gardons un très bon souvenir de notre séjour à Istanbul, qu’il nous reste encore beaucoup de choses à voir, et que nous y retournerons avec plaisir !

Techekir Istanbul, Erol & Emre, et à bientôt !

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