#Souvenirs du Liban – Les copains (et les manouchés) d’abord

Je me suis longtemps demandée s’il serait intéressant, pour vous, chers lecteurs, de lire certaines de mes histoires, même si elles commencent à être un peu datées (et quand je dis « un peu datées » je pense « beaucoup datées »). Malgré mes réflexions, je n’ai toujours pas la réponse à cette question, alors, tant pis, je me lance ! J’inaugure donc aujourd’hui ma nouvelle série intitulée « Souvenirs« , qui me permettra de me replonger dans mes voyages et mes aventures passés. Et pour commencer, je vous emmène au Liban, le pays du cèdre, où je me suis rendue depuis Minsk (où j’habitais alors) en décembre 2018 (pfiouuu le temps passe vite !). Bien plus qu’une opportunité touristique, ce voyage était également l’occasion de retrouvailles puisque j’ai retrouvé à Beyrouth, la capitale libanaise, mes copains d’Erasmus, j’ai nommé Raphou et Tiennou, le premier arrivant de Paris et le second étant déjà sur place, puisqu’il faisait là-bas un Volontariat de Solidarité International (VSI – on en parlera une autre fois).

Tiennou, Raphou et moi, une équipe de choc depuis 2014

Honnêtement, je n’avais jamais vraiment pensé aller au Liban un jour. Comme vous avez pu vous en rendre compte, ma zone de prédilection est plus orientée Europe de l’Est que Moyen-Orient. Mais pour le coup, avec un ami sur place, c’était vraiment l’occasion d’aller faire un tour dans cette partie du monde. Et puis, mes compagnons de voyage ne voulaient pas venir à Minsk le 15 décembre (trop froid, apparemment). Du coup comme personne n’arrivait à se mettre d’accord sur la destination, c’est moi qui ai cédé (je dirais même cédré, ohohoh). Va pour le Liban. Et zéro déception car c’est en effet un pays incroyable à découvrir ! Je suis d’ailleurs d’autant plus contente de m’y être rendue à ce moment là étant donné les difficultés que traverse actuellement le pays. En espérant que le retour à la prospérité de celui qu’on surnomme « la Suisse du Moyen-Orient » se fasse rapidement.

Jour 0 – Arrivée à Beyrouth et premières impressions

Je me rappelle que pendant mon séjour sur place je ne pouvais pas m’empêcher de chercher des points communs entre la Biélorussie et le Liban. J’en avais trouvé quelques-uns genre « Tout compter en dollars » (ce qui annonce déjà la couleur niveau équilibre économique) ou encore « des sonorités imprononçables pour les français » (même si les Libanais ont atteint un autre niveau en transcrivant carrément certains sons avec des chiffres tellement aucune lettre latine ne leur rendait justice). Dans les rues de Beyrouth, je me rappelle aussi être vraiment surprise par l’écart de niveau des infrastructures d’un quartier à l’autre, m’amusant à comparer un côté de la rue plutôt à Monaco et l’autre plutôt à Bagdad (et, évidemment, j’ai le gros cliché de Bagdad en version zone de guerre dans ma tête même si ça ne ressemble sûrement plus trop à ça maintenant) (j’espère).

En tous cas nos retrouvailles furent joyeuses ! Et autant vous dire que nos estomacs n’étaient pas prêts à goûter le raki, boisson locale anisée, qui nous a fait souffrir tout le lendemain matin.

Jour 1 – Réserve Naturelle du Chouf et nuit dans un endroit incroyable

Malgré le piètre état de Raphou et moi-même qui n’étions apparemment pas prêts aux soirées libanaises, nous nous sommes levés de bonne heure en route pour l’aventure : direction le Chouf et sa réserve naturelle ! On découvre les joies de la location de voiture ET de la conduite à Beyrouth qui n’est pas sans nous donner quelques sueurs froides. Heureusement, capitaine Etienne (ça rime !) est là pour s’occuper de nous sinon je pense qu’on serait encore en train d’attendre notre tour au feu rouge pour passer.
Nous faisons une belle balade dans la réserve naturelle qui abrite et protège les cèdres du Liban, mais aussi des oiseaux et tout plein de plantes. Si le cèdre est un symbole du Liban, il est malheureusement en danger d’où le fait que même l’Unesco reconnaît cet endroit comme « réserve biosphère » depuis 2005. Notre balade se termine par un coucher de soleil absolument magnifique comme j’en ai, honnêtement, rarement vu.

Bien fatigués par cette première excursion, nous décidons de reprendre un peu la route pour nous rendre à notre lieu de villégiature : la guest-house Beyt el Jabal à Deir el Qamar. En arrivant, bonne surprise, nos hôtes ont du goût, et même beaucoup de goût ! Le village est tout en pierre et très joliment éclairé la nuit. Quant à la guest-house… Un confort extra, un accueil chaleureux, du soin dans la décoration… Mais aussi le cri des hyènes du Chouf au réveil. Que demander de mieux ?

Anjar, une (ou deux) pause gourmande et un détour par Lourdes

Après une bonne nuit de repos, nous continuons nos pérégrinations direction la ville d’Anjar, connue pour les ruines de son ancienne cité omeyyade. Ce site est également inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Les ruines s’arpentent librement ce qui rend la visite très agréable.

Deuxième arrêt de la journée (entre deux petites pauses goûter) : rien de moins que la grotte Notre-Dame de Lourdes. Et oui, vous pensiez qu’elle n’était qu’à Lourdes, en France, et bien non, il existe aussi une version libanaise. La grotte est située juste à côté d’une petite ferme où nous décidons d’acheter des produits locaux. Et par produits locaux, vous l’aurez compris, je parle effectivement de nourriture.

Le soir, nous rentrons à Beyrouth, pour nous remettre de nos émotions. Passez par la case manouché et rentrez la panse comblée.

Batroun et Byblos – visite des bords de mer

Troisième jour d’aventures. Aujourd’hui, Tiennou doit travailler (et oui, le volontariat c’est pas QUE les vacances, je sais je sais ça surprend) donc on décide de prendre le bus pour la première fois comme des grands pour aller visiter Batroun, une ville en bord de mer ! L’air est à l’orage même si le temps est doux, ce qui me met en grande joie. Quel bonheur de regarder l’eau s’agiter à nos pieds tout en arpentant le mur phénicien qui sépare la ville de la mer.

On visite la petite église orthodoxe « Our Lady of the Sea » avant de se restaurer au restaurant « Chez Maguy » en bord de mer. Comme c’est le mois de décembre, c’est à dire pas le moment le plus touristique de l’année, autant vous dire qu’on est tous seuls dans le restaurant. Tant mieux, car c’est super bon, et ça en fait plus pour nous !

Pas le temps de niaiser, c’est reparti pour un tour, cette fois-ci direction Byblos, une autre ville en bord de mer à un petit quart d’heure de là en voiture. Là-bas on visite le Château de Byblos avec son petit musée archéologique à l’intérieur, et le souk (je repars avec de jolies boucles d’oreilles en ancienne monnaie locale) avant de s’octroyer une énième pause goûter – accompagnée d’un moment narguilé parce que, après tout, c’est local aussi, non ?

Beyrouth centre ville et bord de mer – Musée National de Beyrouth

4ème jour d’aventures libanaises : on est MORTS. J’ai tellement mangé que je ne peux plus marcher, plutôt rouler, et autant vous dire que rouler dans les petites rues escarpées de Beyrouth sous la pluie, c’est pas évident. Ce qui ne nous empêche pas de continuer à apprécier toutes les saveurs du pays au détour d’un marché local bio ou d’une petite pause sucrée dans un café… pour le moins… étonnant !

Nous visitons avec nos guides locaux les lieux emblématiques de la capitale libanaise : églises, mosquées, balade en bord de mer, et, enfin, pour la plus grande joie de Raphou et moi-même… le Musée National de Beyrouth ! Malheureusement, on arrive un peu tard et nous n’avons qu’une heure pour visiter le musée : pas de soucis, on fonce, armés de nos smartphones qui nous servent à cette occasion de guide puisque lorsque vous téléchargez l’application du musée vous pouvez écouter les explications enregistrées tout au long de votre visite. A la sortie, la boutique ne vous décevra pas, alors veillez à garder un peu de temps pour aller y faire un tour également… 🙂

Saïda, Jezzinne et nuit sur une piste d’avion (tant pis pour la Maison de la Forêt)

Après notre journée de « pause » (qui n’en était pas du tout une), on repart à la découverte du pays, cette fois-ci direction le sud, vers Saïda et Jezzine. Sur la route, on s’arrête visiter une mosquée qui nous faisait de l’oeil. Contrairement aux mosquées plus touristiques de Beyrouth, cette fois-ci, je ne suis pas autorisée à entrer dans le hall principal de la mosquée : les femmes ont leur propre espace à l’étage, bien grillagé. Je glisse un oeil entre deux espaces de la barrière richement décorée et réussis à voir mes copains bien installés en bas, en grande discussion

A Saïda, on commence par se restaurer en bord de mer (la mer n’est jamais très loin au Liban j’ai l’impression), avec vue sur les ruines du château. Au menu : des falafels de chez Abou Rami, bien sûr, apparemment les meilleurs du pays ! Malheureusement personne ne veut aller visiter le Musée du savon, pourtant réputé, et à la place on va faire un tour au Palace Dabane, que l’on croise alors qu’on arpentait les ruelles animées du souk. Une très belle visite avec beaucoup d’instruments traditionnels notamment et les intérieurs typiques de la région. Enfin, petit détour par l’Institut Français local qui présentait une exposition de calligraphie que j’ai trouvé merveilleuse (préambule à mon futur amour pour tout ce que fait l’Institut Français de façon générale, que voulez-vous, je suis une vraie fan-girl).

Nous quittons Saïda pour nous aventurer dans les terres, direction Jezzine, pour admirer la fameuse cascade dont on nous a tant vanté les mérites. Finalement, c’est cette église aux allures abandonnées qui nous a captivés.

Sur le chemin, on s’est arrêtés à La Maison de la Forêt pour nous remettre de nos émotions. On s’est dit : peut-être qu’on pourrait dormir là ? Et puis, finalement, non, c’était trop simple (et trop cher). Comme souvent au Liban, sortir des sentiers battus est assez aisé et finalement, la véritable aventure se découvre au coin des rues. Ou plutôt, au coin des pistes d’avions désaffectées, lieu qu’a choisi notre hôte pour installer ses cabanons Airbnb, un projet en plus financé en partie par l’Union européenne. Vous avez dit « nuit insolite » ?

Le Musée du Hezbollah (et oui), une courte baignade à Tyr et c’est (encore) l’heure de manger

La courte nuit dans notre cabane du bout des pistes, nourris exclusivement de pain grillé sur le chauffage d’appoint, tartiné de fromage et autres condiments précédemment achetés (à la base c’était de la nourriture souvenir mais on avait trop faim) ne nous a pas miné le moral, bien au contraire. Malgré la pluie, une grande journée nous attend, puisqu’aujourd’hui nous allons visiter… le Musée de la Résistance plus connu sous le nom du Musée du Hezbollah ! Ouvert en 2010, ce musée situé à côté du village de Mlita, vous propose d’explorer les dessous de la résistance des Partisans du Hezbollah libanais contre les forces armées israéliennes dans le conflit opposant les deux pays pour l’occupation du Sud-Liban de 1985 aux années 2000 (n’hésitez pas à me corriger si je fais une erreur). Un musée entièrement opéré par ledit Hezbollah donc niveau objectivité on est pas au top du top mais ça reste un lieu assez unique. En tous cas si vous vouliez ramener un petit bracelet à l’effigie du chef du Hezbollah, vous êtes au bon endroit.

Nous partons ensuite pour Tyr, une ville, encore une fois, en bord de mer, tout au sud du Liban. Comme à notre habitude, on arrive un peu tard et les ruines sont déjà fermées aux visites, mais on arrive quand même à les regarder à travers le grillage. En plus, comme l’orage est en train de passer, l’atmosphère est lourde et les lumières du ciel magnifiques. Il ne m’en faut pas plus pour décider d’aller me baigner. Et bien, oui, c’est le 10 décembre et il pleut, et alors ? Un petit plouf plus tard, on va manger du poisson dans un petit restaurant de pêcheurs à la décoration très personnelle avant de se plonger dans les bras de Morphée pour notre avant-dernière nuit libanaise.



Le midi royal au Souk, la route retour vers Beyrouth et une petite pause grotte l’air de rien

C’est l’heure des derniers – derniers souks, derniers manouchés, dernières frayeurs sur la route, mais aussi dernières visites : sur la route du retour entre Tyr et Beyrouth, on décide de pousser encore un peu notre fatigue et de visiter la grotte de Jeita. A Beyrouth, dernier raki (quelle mauvaise idée…), dernière rigolade avec les copains, dernière indigestion : le Liban, c’est déjà fini, mais on s’en rappellera toute la vie (la preuve !).

Bref tout ça pour dire qu’en seulement huit jours on a vu pas mal de pays grâce à notre super guide Tiennou qui nous a conduit un peu partout en voiture sans avoir d’accident (chapeau !) et nous a fait découvrir des coins étonnants de son pays d’accueil ! Allez, maintenant, comme après chaque voyage réussi, et bien, j’ai besoin de vacances.

Shukraan kthyr habibi et à bibientôt (oui oui j’ai osé cette blague ne me jugez pas).

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