Bonjour chers lecteurs et chères lectrices.
Aujourd’hui, vous l’aurez compris, je vous emmène avec moi pour une nouvelle destination pas piquée des hannetons : l’Éthiopie ! Cela faisait longtemps que je pensais visiter ce pays à la fois immense (2 fois la France quand même !), avec une culture très mystérieuse (enfin, mystérieuse surtout car je n’y connaissais rien mais vous verrez que ça reste assez unique en son genre) et des paysages apparemment à couper le souffle (ça, je confirme, on respire très mal à côté d’un volcan en éruption !). Alors, quand notre ami Tomi nous a dit qu’il devait se rendre à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, pour son travail, nous n’avons pas hésité longtemps avant de nous incruster 😁

Nous avons donc passé une grosse semaine en Éthiopie, ce qui est bien évidemment trop court pour découvrir toutes les beautés du pays (en réalité, il faudrait y vivre !) mais nous avons quand même mis notre temps à profit pour vivre quelques petites aventures. Allez, trêve de suspens, je vous raconte tout ça !
Tout d’abord, il faut savoir que l’Éthiopie est un pays unique et ce pour plusieurs raisons.
La première raison est sa langue : en effet, bien qu’il existe de nombreuses langues officielles en Éthiopie, sa langue administrative et principale est l’amharique qui possède son propre alphabet, unique au monde. Chaque ethnie parle ensuite sa propre langue : le tigrigna dans la région du Tigré, l’oromo en région Oromia, l’afar dans la région d’Afar… Bref, vous avez compris le principe. Mais rien qu’à voir l’alphabet amharique, on est déjà transportés dans une autre réalité, vous ne trouvez pas ? 🙂

Puisqu’on parle de langues au pluriel et d’ethnies, il faut savoir que l’Éthiopie est un pays multi-ethnique. Ce sont désormais 14 régions (dont deux « villes-régions ») qui composent le pays et chacune d’entre elles possède ses particularités. Il arrive parfois (ou plutôt : souvent) que des conflits éclatent également entre les régions en fonction de l’ethnie au pouvoir qui est alors accusée de favoriser sa région d’origine au détriment des autres. L’actuel Premier Ministre est Abiy Ahmed, lauréat du Prix Nobel de la Paix 2019 pour sa résolution de conflits avec l’Érythrée voisine (car il y a également de nombreux conflits avec les pays voisins : Somalie, Soudan, Yémen…). Récemment, c’est la région du Tigré qui s’est embrasée avant l’accord de cessez-le-feu signé en 2022.

Aujourd’hui, les conflits éclatent surtout en région amharique mais une certaine instabilité inter-régionale continue de régner sur le pays. C’est pourquoi l’Éthiopie est indiquée en rouge ou orange sur la carte du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et qu’il est déconseillé de s’y rendre actuellement (oups). Rassurez vous, nous avons respecté toutes les consignes de sécurité et avons choisi un itinéraire adapté à la situation du pays : je vous en reparle un peu plus tard !

L’Éthiopie est également unique par ses traditions très ancrées dans la vie quotidienne.
La première que nous avons découverte avant même de poser pied sur le sol éthiopien est celle du temps. Très surprenant, le temps en Éthiopie ne passe pas comme ailleurs, ou en tous cas, il n’est pas compté comme ailleurs, ce que nous avons découvert grâce à notre guide sur place, Melese. En effet, comme nous devions atterrir à 5h du matin à Addis, nous avons demandé à Melese de venir nous chercher à l’aéroport ou de nous envoyer un taxi (les voyageurs qui me lisent connaissent bien l’enfer des taxis devant les aéroports du monde entier…) : quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’il nous a proposé de nous envoyer un taxi à 11h ! Un drôle d’échange a suivi où on ne comprenait pas pourquoi notre guide, pourtant expérimenté, ne nous comprenait pas…
…Jusqu’à ce que ce dernier nous explique (après nous avoir laissé galérer quand même, merci Melese !) qu’en Éthiopie, la journée de 24h est divisée en deux plages horaires de 12h : la première commence à 6h le matin au moment du lever du soleil (il est donc 0h version Éthiopie) et se termine à 18h au coucher du soleil (à 12h d’Éthiopie donc), puis, la deuxième partie de la journée (enfin, plutôt de la nuit) commence à 18h (et donc 0h) et fini à 6h le lendemain matin (12h à nouveau). Il était donc normal que, pour nous, 5h du matin, soit, pour Melese, 11h. Vous me suivez ? Bien sûr, notre guide savait très bien qu’il nous embrouillait mais, grâce à lui, notre première leçon d’Éthiopie est enregistrée pour l’éternité !

Mais, si le temps éthiopien n’était qu’une histoire d’heure, ça irait encore. En réalité il y a d’autres éléments à prendre en compte, notamment la question des dates. Les Éthiopiens disent souvent : « si tu veux rajeunir de 8 ans, viens en Éthiopie ! » car, selon leur calendrier, nous sommes encore en 2016. La raison de ce décalage est simple : les Éthiopiens, en majorité des Chrétiens orthodoxes, suivent le calendrier Julien dont on vous vantait déjà les mérites dans notre article sur la Pâques orthodoxe en Serbie. Il y a donc 12 mois de 30 jours et un 13ème mois de 5 à 6 jours, créant ainsi un petit décalage entre nos deux calendriers qui, au fil du temps, s’est transformé en plusieurs années d’écart. Les fêtes chrétiennes sont également décalées et les Éthiopiens suivent en cela les autres orthodoxes du monde, avec un Noël le 7 janvier comme en Biélorussie et une Pâques en même temps que les Serbes (entre autres).
Le calendrier éthiopien contient néanmoins bien d’autres particularités que je ne saurai pas vous détailler, avec de très nombreuses célébrations tout au long de l’année qui influent sur la manière de s’alimenter. Par exemple, nous étions sur place lors du carême, c’est-à-dire la période de 40 jours avant Pâques où les Chrétiens ne mangent pas de produits gras (viande, huile…). Les Éthiopiens, eux, ne mangent à cette période aucun produit d’origine animale (ce qui en fait le paradis des végans) et ils ne peuvent manger qu’à partir de 15h (ou 9h en temps éthiopien). Il me semble avoir lu dans un guide que, si on ajoute tous les jours de régime en fonction des célébrations religieuses, il y aurait au total environ 200 jours de jeûne en Éthiopie ! Rien que ça !
Enfin, dernière particularité éthiopienne que j’ai adoré : le rituel du café. Selon la légende, le café aurait été découvert en Éthiopie grâce à une chèvre qui aurait mangé des grains de café et que son berger aurait retrouvé pleine d’énergie et cela sans apparente raison… Si ce n’est ces mystérieux grains que la bête aurait ingurgité. Autant vous dire que, depuis, cette découverte est devenue une institution et l’Éthiopie est très fière du rituel qui accompagne désormais le café.



Le principe ? Tout d’abord, les grains de café sont grillés au charbon. Ils sont ensuite versés dans une sorte de cafetière en terre cuite remplie d’eau bouillante appelée « jebena » et posée sur des braises. En attendant que le café se prépare, on pose une soucoupe d’encens à la fumée épaisse et odorante sur la table pour faire patienter ses amis ou les clients du café dans une ambiance un peu mystique. Puis le café est servi dans de petites tasses mignonnes une personne à la fois, avec ou sans sucre, accompagné parfois d’une petite branche de quelque chose (je n’ai pas réussi à trouver le nom de la plante) qui sera utilisée pour remuer le café et ainsi annuler l’amertume de la boisson. Ouaw !
Maintenant que vous savez tout où presque sur l’Éthiopie et ses principales caractéristiques (si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à les partager en commentaire !) il est temps de vous emmener visiter le pays. Première étape, Addis-Abeba, la capitale éthiopienne : c’est parti !
PS : Si vous voyez des erreurs dans cet article, merci de le signaler ! Loin d’être une experte, j’essaie de retranscrire au mieux ce que je lis et entends, mais il est possible que je me trompe 🙂
À bientôt pour l’épisode 2 !


Beau reportage. J’adore ton écriture légère et en même temps journalistique. Vivement le 2e épisode. Bises
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super épisode pour un super voyage
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