Belarus #7 – Les festivals d’automne

When I arrived in Minsk in September 2018, my favorite season of the year had just started : autumn. Why is autumn my favorite season? I have no idea. Maybe because it’s when I have my birthday? Or, maybe I like this atmosphere at the end of the summer, still warm but, little by little, getting more and more windy? For sure I like the colors of autumn, when everything become more orange, red. Also, autumn is always about new beginnings : starting something after the summer holidays, discovering a new environment, entering another year at the university. Autumn is full of hope, full of unknown, full of ideas waiting to be created. And, in Minsk, besides the nice colors of the parks, autumn is also the season of two really interesting cultural events : Teart and Listapad.

Le festival Teart, qui se déroule chaque année aux mois de septembre et d’octobre, offre une programmation éclectique et venue de toute l’Europe. Les pièces se déroulent dans différents lieux de la capitale, ce qui permet, en plus des performances, de découvrir les salles culturelles minskoises (je dis ça mais je n’en ai visité qu’une finalement). C’est donc un festival multilingue, où toutes les performances sont sur-titrées en russe, ce qui aide beaucoup les locaux mais un peu moins les pauvres étrangers fraîchement débarqués comme moi. Heureusement, mes camarades francophones et moi-même avons eu de la chance dans nos calendriers et nous avons pu profiter de deux pièces incroyables en langue française.

Enfin, je dis en français, mais c’est pas tout à fait vrai. La première pièce dont je souhaite vous parler est en réalité une production belge, belge francophone certes, mais tout de même avec un bel accent qui ajoute, même pour les Français, un peu d’exotisme. La seconde pièce est, elle, une production franco-vietnamienne, où les histoires s’enchevêtrent, et où les acteurs passent en permanence du français au vietnamien, ce qui nous a empêché de vraiment comprendre toutes les subtilités langagières (une difficulté largement rattrapée par le fait que, sans comprendre tous les dialogues, nous comprenions certainement mieux le contexte indochinois que les Biélorusses présents dans la salle). Ce qui m’a beaucoup plu dans ces deux pièces, et qu’elles ont en commun, c’est leur créativité en terme de mise en scène.

Pour moi qui ne me rend pas souvent au théâtre, je n’avais pas d’attente particulière lorsque je suis allée voir Arctique. Et je ne m’y serai certainement pas rendue si je n’avais pas habité à Minsk, où tout d’un coup, on s’intéresse beaucoup plus à la culture francophone qu’avant. Bref. J’y ai passé un moment génial : c’était drôle, touchant, triste, politique, angoissant… Si la scène principale se présente de façon classique, on trouve également un écran géant en hauteur qui projette soit des scènes enregistrées, soit nous révèle les coulisses du décor où les acteurs sont suivis en direct par des caméras, dévoilant tout une autre dimension théâtrale. Vous avez déjà vu ça, vous ? C’est trop cool non ?

« Arctique est à la fois une comédie, un thriller, une fable d’anticipation, un film et une pièce de théâtre. Ceux qui connaissent mon travail savent combien j’aime combiner les genres pour en faire naître un nouveau. »

Anne-Cécile Vandalem

En plus je vous raconte pas tout ça pour rien car il y a encore des dates pour voir la pièce ! A Lille, Nantes, Charleroi, et bien plus ! Sinon Arctique fait partie d’une trilogie, dont le dernier épisode sort ce mois-ci. Toutes les informations par ici 🙂

Saigon aura donc été ma deuxième découverte théâtrale pendant le festival Teart. J’avais déjà entendu parler de la pièce en regardant Arte Journal (que je regarde assidûment tous les jours) plusieurs mois auparavant, et j’ai donc sauté sur l’occasion pour aller la voir à Minsk. Je dois avouer que cette pièce était moins divertissante qu’Arctique, plus tragique. Mais quelle poésie ! Quelle force ! Le restaurant ne bouge pas mais nous, spectateurs, voyageons à travers les époques. La musique et le jeu des lumières étaient particulièrement beaux. Et le tout, porté par une troupe de comédiens composée en partie d’acteurs vietnamiens non-professionnels : chapeau !

« Nous sommes faits d’autres histoires que la nôtre, nous sommes faits d’autres blessures que les nôtres. Pour cela, l’une des grandes nécessités que nous éprouvons aujourd’hui et qui motive de façon viscérale notre projet Saigon est cette volonté de mettre en présence des comédiens qui viennent d’horizons lointains, pour que nous ayons, ensemble, le projet de livrer un récit commun. »

Caroline Guiela Nguyen

C’est étonnant car en cherchant un tout petit peu, on remarque que ces deux pièces ont été jouées en 2019 au Théâtre de l’Odéon – ce qui en fait semble t-il un excellent endroit où commencer mes sorties théâtrales parisiennes. Enfin, pour clore le chapitre « Théâtre et Biélorussie« , je vous conseille également si vous avez l’occasion de vous renseigner sur le Belarus Free Theatre. Ils sont absolument géniaux et je rêve d’assister à une de leurs performances !

Maintenant passons au Listapad, le festival international de cinéma de Minsk. « Listapad », en biélorusse, signifie « novembre », et c’est donc bien au mois de novembre (« noyabre » en russe, vous voyez ce sont bien deux langues différentes) qu’a lieu cet événement. A nouveau, la programmation est très riche, très internationale et a lieu dans différents cinémas et salles de projection. Donc, encore une fois, une bonne excuse pour visiter quelques coins de la ville. J’avais de grande ambitions pour ce festival, je m’étais fait tout un programme détaillé jour par jour des projections auxquelles j’allais assister, avec peut-être pour objectif en tout une vingtaine de films. C’était, évidemment, impossible. Toutefois, j’ai eu la chance de voir trois films qui m’ont beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais alors vraiment beaucoup, marquée.

Ces trois films n’ont absolument rien à voir entre eux. Ils sont tous trois de nationalités différentes (et l’un des films à en lui-même trois nationalités, c’est vous dire), de sujets divers, et de formes originales. Mais tous trois ont eu un fort impact sur moi. Vous savez, ce genre de moment quand vous sortez de la salle sombre, et que vous vous rendez compte que vous n’êtes plus tout à fait la même personne qu’avant la séance. Ça ne vous est jamais arrivé ? Et bien il est peut-être temps d’aller au Listapad… Ça tombe bien, on est en plein dans l’édition 2019 (oui, je suis un peu en retard dans mes articles). 

J’ai découvert le monde de la danse traditionnelle en Biélorussie grâce à mon premier colocataire Florian. C’est également lui qui m’a conseillé d’aller voir ce documentaire qui raconte un bal, plus précisement Le Grand Bal de l’Europe, un grand rendez-vous de danseurs. Dans ce film vous trouverez mazurkas et autres cercles circassiens entre deux bourrées trois temps, quatre temps, mille temps, de la poésie, des gens mignons, une ou deux polkas et puis voilà. Pour en savoir plus, allez voir le film, ou allez directement à Gennetines l’été prochain : c’est là bas que ça se passe.

Je suis allée voir le « Projet Mamie » par hasard, car je trouvais le nom de ce documentaire plutôt curieux. C’est l’histoire de trois étudiants (l’un Polonais, l’autre Allemand, le dernier Anglais) qui ont posé des questions à leurs trois grand-mères (l’une Polonaise, l’autre Allemande, la dernière Anglaise) pendant près de sept années. Des questions sur la guerre notamment. Et ces dernières avaient un tas de trucs à raconter, mais ce n’était pas toujours évident : toutes les histoires ne se livrent pas si simplement… Alors c’est aussi un film sur trois garçons et leurs mamies : comment créer du lien, comment communiquer, comment transmettre ces mémoires. Préparez les mouchoirs.

La majorité des Biélorusses qui ont vu Crystal Swan détestent ce film ! Mais alors, c’est presque drôle de les lancer sur le sujet. Apparemment ça ne donnerait pas une belle image de leur pays. Certes, on peut pas dire que ce soit le portrait le plus flatteur, mais bon, c’est un film, qui plus est un film de fiction, qui plus est un film de fiction dont l’histoire se déroule dans les années 1990, ce qui commence à dater. Moi, j’adore ce film. Je voulais le voir depuis que j’ai lu une interview de la réalisatrice dans le magazine de la compagnie aérienne Belavia, alors que je m’envolais pour Minsk. J’adore l’affiche. J’adore les acteurs. J’adore la mise en scène. J’adore les couleurs. J’adore la musique. Et j’adore l’histoire. Ce film est absolument génial.

Donc si vous êtes à Minsk à l’automne prochain, vous savez quoi faire !

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