#SeptièmeArt – Les Oubliés, un film de Martin Zandvliet

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Les Oubliés de Martin Zandvliet, avec Roland Moller, Mikkel Boe Folsgaard, Joel Basman.

Ces noms ne vous disent peut-être rien ou en tout cas pas grand chose. Pourtant, le réalisateur Martin Zandvliet n’en est pas à son coup d’essai. Les Oubliés, dans son titre international “Land of Mine” – d’ailleurs bien plus évocateur, nous y reviendrons – est déjà son sixième long métrage, mais le premier à sortir en France.

Nous sommes en 1945 : la Seconde Guerre Mondiale vient de s’achever et, pourtant, l’Histoire ne s’arrête pas là. Entre esprit de vengeance et devoir de réparation, les stigmates du conflit continuent de guider ses protagonistes. Au Danemark, ce sont de (très) jeunes soldats allemands qui sont les victimes de cet état de fait, condamnés à déminer les plages danoises, sous la houlette du Sergent Carl. Celui-ci ouvre la séance : pris d’une colère irrépressible, il hurle “C’est ma terre”, violente ou même tabasse le premier Allemand qui le regarde de travers. Le Sergent se voit ainsi attribuer la mission de gérer sa nouvelle équipe de démineurs à peine pubères, loin du campement général, le long d’une plage en apparence tout ce qu’il y a de plus idyllique. En réalité, plus de 45.000 bombes y sont ensevelies, et le moindre faux pas peut s’avérer fatal. Comme on peut s’y attendre, plusieurs perdent quelques morceaux, voire la vie. Et, dans cette ambiance de tension permanente, les relations entre les personnages évoluent forcément.

“Land of Mine”, c’est donc à la fois “Ma terre à moi” et “Le pays des mines”. Un double sens plus qu’évocateur, qui résume à lui seul tout le film. Car, si la forme prend celle du déminage des plages danoises, le fond est bien celui d’une guerre pour un territoire, où l’ennemi est celui qui vient chez moi, qu’importe les circonstances – une rhétorique ayant d’ailleurs encore cours aujourd’hui. Mais, ce sont “Les Oubliés” aussi parce-que quoique véridique, cet épisode de la guerre, ou plutôt de l’après-guerre, n’est jamais mentionné dans les livres ; des victimes collatérales hors-statistiques. En Danois, “Under Sandet”, qui signifie “Sous le sable”, source de tous les dangers… jusqu’à ce que ça explose.

La réparation après un conflit est un sujet rarement traité au cinéma, peut-être parce qu’il n’est pas suffisamment manichéen pour être audible à un public habitué aux fins hollywoodiennes, où le Bien l’emporte toujours. La guerre est finie, mais tout ne rentre pas dans l’ordre : des sentiments confus se mêlent à la rage, à la haine, et les victimes deviennent en un instant les bourreaux de leurs anciens assaillants. Dans ce contexte, il est difficile d’accepter le pardon, de laisser de côté son instinct vengeur pour se concentrer sur une réconciliation nécessaire à tous les partis. Un film donc important qui rappelle à travers le regard d’adolescents, qu’en réalité, il n’y ni bons ni mauvais, en dépit des apparences.

Les Oubliés a été récompensé deux fois au Festival International du Film d’Histoire de Pessac, en novembre dernier. Il a reçu le Prix du Jury et le Prix du Public, preuve que le film s’adresse à une très large audience.

Un article rédigé par moi-même moi toute seule (même si c’est pas marqué) un peu retouché par Jérôme Masco  (c’est pour ça que c’est moins rigolo) à retrouver ici : CaMéociné

 

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