FIFH #27 – épisode 1

Commençons par le commencement : qu’est-ce-que le FIFH ? [Pour passer l’introduction, rendez-vous directement au paragraphe qui commence par « Claude »]

Le FIFH, parfois plus connu sous le nom de Festival International du Film d’Histoire, est, sans surprise, un festival international du film d’Histoire avec un grand H. Il se déroule chaque année au mois de novembre à Pessac -petite bourgade sympathique, limitrophe de la un petit peu plus connue ville de Bordeaux -, au cinéma Jean Eustache, et ce depuis déjà un petit moment, car, en effet, le FIFH en est déjà à sa 27e édition, ce qui en fait un festival plus âgé que la personne qui vous écrit ces quelques lignes à son sujet (moi). C’est donc avec tout le respect que nous devons à nos aînés que je vais essayer de tirer un bref portrait de cet événement, duquel je suis par ailleurs loin d’être spécialiste, c’est juste que j’avais pas trop d’idée d’article et du coup je me suis dit voilà je suis allée à deux conférences et une projection, est-ce-que ça suffit pour faire un compte-rendu de festival ? Et ben ma foi oui, c’est déjà mieux que d’autres journalistes et en plus c’est honnête.

Après réflexion, je ne peux pas avoir la prétention d’affirmer être capable d’offrir une analyse intéressante et construite d’un festival en y étant restée moins de dix heures en tout et pour tout, surtout quand ledit festival a une programmation qui dure sur une semaine complète (du lundi au lundi), avec chaque journée remplie (du matin au soir) et ce dans cinq salles de cinéma ainsi qu’au « Dada bar » du 3e étage qui accueille les conférences. Bref, tout ça pour dire que le FIFH, c’est dense, intense, en connivence avec votre intelligence, et autres qualificatifs positifs finissant par « ense » ou « ence », (c’est pas si facile que ça à trouver). Je suis un reporter, une reporter, une reportrice, un agent de l’information, ou une agente de l’information (?) honnête, avec des valeurs, que je me dois de respecter tant que je le peux, avant d’entrer dans le vrai métier journalistique qui est censé me rapporter de quoi manger à n’importe quel prix. Vous êtes donc témoins de quelque chose de rare, j’espère que vous en avez conscience.

Mais revenons-en au sujet qui nous intéresse. De quoi vais-je donc bien pouvoir vous parler ? Tout simplement, de ce pour quoi je me sens légitime, c’est-à-dire les moments auxquels j’ai effectivement participé, en chair, en os, et en cheveux (j’ai beaucoup de cheveux). Une conférence de Claude Aziza sur le thème « Culture et Liberté Païennes face au pouvoir Chrétien », une autre de Jacques de Saint-Victor intitulé « Le Blasphème » et, enfin, le film « Neruda » de Pablo Larrain. Saurez-vous deviner le thème de l’édition 27 du FIFH ? Réponse en fin d’article…

Claude Aziza est un universitaire français né en 1937, qui a bea… wait a second… Mais si il est né en 1937, c’est qu’il a, il a… il a genre presque 80 ans ? Impressionnant ! Donc je disais qui a beaucoup travaillé dans le domaine du latin et de la latinité plus généralement mais il aime aussi les lettres notamment classiques, dont il est même agrégé, c’est dire, il faut beaucoup aimer les lettres classiques pour aller jusqu’à l’agrég’, cqfd un monsieur dont on peut dire sans trop de risque qu’il est assez érudit (terme intelligent pour dire intelligent, au cas où certains néophytes (terme intelligent pour dire nouveau) du vocabulaire seraient parmi nous). Du haut de sa grande sagesse acquise à mesure des années, il ne perd pour autant pas son mordant et donne cette conférence avec énergie, ce qui enlève certes un peu de cohérence mais m’a aidé à garder les yeux ouverts pendant tout son discours (et vu la thématique de sa conférence ajouté au fait que je n’avais pas bu de café de la journée, ce n’était pas évident). Pour résumer sa personnalité au mieux et vous laisser vous faire votre propre idée, je citerai simplement la réponse de Monsieur Aziza à la question d’une Madame de l’assemblée : « en bon Juif, je vais répondre à votre question par une autre question ! », faisant s’esclaffer le public Pessacais.

Mais à part ça, sinon, la conférence, de quoi ça parle, me direz-vous ? Et bien, c’est fort simple, vous répondrai-je : Culture et Liberté Païennes face au pouvoir Chrétien (je mets des majuscules parce-que je trouve que ça fait plus joli pour un titre, merci de ne pas me faire remarquer que ça ne correspond pas aux règles orthographiques) ça parle pour faire bref de l’interdiction, de la destruction et de l’exclusion du culte païen dans la société de l’Empire Romain au IVe siècle après J-C (Jésus-Christ, pas Jean-Claude) (bon ok c’était moyen moyen, désolée il commence à se faire tard). Ces trois « ions » sont en fait les grands axes de la conférence, puisque notre orateur évoque dans ses grandes lignes les étapes successives qui ont mené à la christianisation de l’Empire Romain.

Tout a commencé quand Constantin est arrivé au pouvoir après de nombreuses péripéties et combats avant de pouvoir régner sur un Empire à peu près unifié, au début du IVe siècle. A cette époque, les Chrétiens sont encore peu nombreux et menacent la stabilité de la société car ils s’affirment seuls détenteurs de la Vérité Vraie, et veulent convaincre les citoyens de rejeter le large Panthéon des anciens Dieux pour se joindre à leur cause (à la différence des Juifs, qui, eux, préféraient rester dans leur coin et qu’on vienne pas les embêter). L’Empereur Constantin, par profonde conviction peut-être, par calcul stratégique sûrement, favorisera largement la religion chrétienne dans les frontières de son Empire par de nombreuses mesures, mais aussi et surtout lorsqu’il se convertit, sur son lit de mort, à la religion Chrétienne.

Dans ces années, beaucoup de traditions liées aux cultes païens deviennent alors interdites : pratique de la magie, pratique de la divination, sacrifice sanglant d’animaux… Bref, tout le côté marrant et convivial de la religion. Les temples sont soient détruits, et avec eux les statues, dont seules quelques-unes sont sauvées par d’honnêtes citoyens, soient transformés en églises (l’Antiquité avait apparemment déjà quelques notions en recyclage). Peu à peu, c’est tout la société qui se christianise : la répression contre le paganisme s’accroît, notamment sous le règne de Théodose, non seulement chrétien mais en plus espagnol (double peine !) (non je rigole…), qui lui va même réussir à faire passer pour païens des confrères Chrétiens mais d’un autre courant de pensée, pour faire simple il s’oppose au christianisme aryen et favorise le christianisme nicéen, je n’ai pas le temps de vous expliquer en détail cette histoire mais je suis sûre que des livres très bien en parleront mieux que moi.

Certains épisodes sont marquants de cette époque comme l’assassinat d’une demoiselle prénommée Hypatie qui avait le goût d’être non seulement philosophe, mathématicienne, mais aussi d’appartenir au courant néo-platonicien (c’est-à-dire pas chrétien) et, en plus de ça, d’être super gentille et super belle, soit la formule parfaite pour s’attirer les foudres des moines fanatiques qui, encouragés par l’archevêque d’Alexandrie du moment, n’ont rien trouvé de mieux à faire que de la lapider à mort avant de traîner son corps nu dans les ruelles avant de le découper à grands coups de tuile avant de mettre les différentes parties au bûcher. SUPER.

blog-hypatie
Affiche du film Agora retraçant l’histoire de Hypatie, apparemment très bien d’après Claude Aziza mais absolument pas fiable historiquement, surtout la fin.

Bref pour conclure le paganisme est mort, mais vive le paganisme quand même, car malgré toutes les tentatives successives des leaders aux cerveaux étriqués qui ont réussi à réduire à néant une des plus formidables idées du monde, c’est-à-dire le panthéon des Dieux, la culture païenne s’est avérée en réalité indéracinable et, telle une maladie vénérienne horrible, s’est incrustée partout dans le christianisme juste pour bien les faire chier à ces cons, avec entre autres exemples les différentes fêtes païennes qui continuent d’être célébrées (solstice d’hiver, saturnales…) ou les déesses païennes qui continuent d’être vénérées (Isis, aussi connue sous le nom de « Agathè Daimôn » est devenue Sainte Agathe de Catane, martyr chrétienne). Et c’est sur cette note optimiste que se termine la conférence de Claude Aziza, ainsi que l’épisode 1 de ma série sur le FIFH.

A bientôt pour la suite !

 

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