Ah, la Namibie… Un pays que l’on connaît pour ses paysages tout droit venus d’une autre planète, pour sa faune sauvage préservée (tellement préservée qu’il faut faire attention aux attaques de lions !) et pour ses peuples qui continuent de vivre de façon traditionnelle dans des lieux plus reculés les uns que les autres… Mais, derrière la carte postale, que sait-on vraiment de ce pays surnommé « the Land of the Braves » et de la vie de ses 3 millions d’habitants ? Si vous n’êtes pas sûrs de la réponse, cet article est fait pour vous ! C’est parti pour une (humble) leçon de Namibie, avec, en fil rouge, le chiffre 2 🙂 (bien que ce soit déjà le 5ème article de notre série « Expatriation en Namibie » !)
- Le deuxième pays en terme de densité démographique (en partant de la fin)
Si vous avez déjà visité la Namibie, vous avez remarqué que le pays est assez vide dans son ensemble en terme d’habitants (contrairement aux oryx qui eux se baladent partout !). Il n’est pas rare de faire plusieurs heures de route sans croiser ni humain, ni habitation, ni voiture. C’est pour cela d’ailleurs qu’il est recommandé de toujours informer quelqu’un de son trajet, car en cas d’accident ou de problème technique, on peut attendre longtemps avant d’être secouru (et le réseau téléphonique ne passe pas partout, loin de là !). Bref, vous ne serez donc pas étonnés d’apprendre que la Namibie est le deuxième pays dans le monde en terme de densité démographique… en partant de la fin ! Avec 3,1 habitants au km2, elle n’est battue que par la Mongolie (notre prochaine destination ? ;)) qui de son côté compte seulement 2 habitants par km2. Donc si vous en avez marre des gens, vous savez où vous rendre pour vos prochaines vacances 🙂

- Le deuxième pays en terme d’écart de richesse (en partant du début cette fois malheureusement)
Autre statistique bien moins réjouissante, la Namibie est également deuxième du classement pour ce qui est des inégalités, mais, cette fois ci, en partant du début. Et son histoire politique a tout à voir avec cette réalité : ancienne colonie sud-africaine après la Seconde guerre mondiale, la Namibie a été victime, tout comme l’Afrique du Sud (première du classement, logique) d’une politique d’apartheid de la fin des années 1940 jusqu’au années 1980 mais dont les impacts sont toujours visibles aujourd’hui. Les écarts de richesse sont en effet assez saisissants, et, d’autant plus choquant que la pauvreté est invisibilisée. Il faut imaginer qu’à Windhoek, par exemple, la ville est encore aujourd’hui physiquement divisée entre les quartiers riches et le « township » où les populations noires ont été forcées de déménager pendant l’apartheid ; mais ces deux univers ne se rencontrent que rarement. Pour info, le classement des inégalités se base sur l’indice de Gini (suivez ce lien pour pleins d’explications sur son calcul avec, en prime, une comparaison Namibie / Bélarus (vous connaissez le Bélarus ? Moi j’adore)).

- Le pays qui a connu non pas une, mais deux colonisations
Pour poursuivre dans la thématique « fun-fact pas fun du tout », après les inégalités, passons maintenant à l’histoire de la colonisation ! Je vous ai donc parlé de la colonisation sud-africaine, très douloureuse pour la Namibie après la Seconde guerre mondiale (notamment à partir de la mise en place du régime de l’apartheid), mais le pays a vécu une autre colonisation, également traumatisante : celle de l’Allemagne, de la fin du 19ème siècle au début du 20ème siècle. Je vous recommande cet épisode du Dessous des cartes qui résumera bien mieux que moi ces deux chapitres historiques. Il est intéressant de noter que la culture allemande, bien que comptant une communauté désormais réduite (environ 2 à 3% de la population), reste un élément majeur de la culture namibienne de nos jours, plus d’un siècle après la fin de leur occupation. L’Oktoberfest, par exemple, cette fête de la bière venue tout droit des brasseries bavaroises, est organisée chaque année à Windhoek en grandes pompes. Il existe aussi des écoles allemandes dans tout le pays. Et les spécialités culinaires sont également très présentes, comme les différents types de wurst (les saucisses) ou de brötchen (les petits pains). Même la bière namibienne continue de suivre le Reinheitsgebot, la règle de pureté allemande !


- Le premier genocide de l’histoire envers deux ethnies
Encore une information joyeuse sur la Namibie (promis après je change de thématique), c’est le pays qui a connu le premier génocide de l’histoire humaine. En effet, pendant la colonisation allemande, le général Lother von Trota a donné l’ordre à son armée d’éliminer les communautés Ovahereros et Namas, ainsi que de les emprisonner dans un camp de concentration et de travail forcé, au large de la ville de Luderitz, dans le sud du pays, sur l’île tristement célèbre de « Shark island ». Le film Measures of Men raconte de façon romancée ce chapitre sombre de l’histoire namibienne et les exactions subies par les populations locales de 1904 à 1908. Depuis 2025, une journée en mémoire du genocide a été instaurée par le gouvernement de la Présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah. La date choisie du 28 mai commémore la libération de ces camps.


- Les deux déserts namibiens
Pour revenir sur des sujets moins sensibles, saviez vous que la Namibie ne compte pas un, mais deux déserts ? En effet, elle est traversée à l’Est par le désert du Namib (qui abrite le parc de Sossusvlei dont je vous ai déjà parlé), alors qu’à l’Ouest c’est celui du Kalahari qui s’étend à perte de vue avec son beau sable orangé. Particularité du désert du Namib, la présence d’une plante au nom imprononçable que l’on peut trouver uniquement dans ses paysages et qui est devenue l’un des symboles de la Namibie : la welwitschia mirabilis. Elles ont l’air de rien, mais elles survivent dans des conditions extrêmes et auraient plusieurs centaines (voire milliers !) d’années ! Une longévité assez impressionnante n’est ce pas ?



- Les deux fois deux égales quatre fleuves namibiens
Deux déserts pour un seul pays donc (ce qui est assez rare je pense !) et seulement quatre fleuves permanents qui marquent les frontières extérieures du pays. Vous trouverez donc au Nord-Ouest le Kunene et au Nord l’Okavango, deux fleuves qui séparent la Namibie et l’Angola (même si, d’après ce que j’ai compris, il y a une tolérance pour passer d’un côté à l’autre de cette frontière sur une quinzaine de kilomètres car certaines communautés sont à cheval sur les deux pays). Complètement au Nord-Est, sur la pointe de Caprivi, dans la région du Zambezi, c’est le Zambèze qui délimite la frontière avec la Zambie. Enfin, tout au Sud, le fleuve Orange sépare la Namibie de l’Afrique du sud et est célèbre pour ses activités de kayak (et aussi pour la dispute autour du tracé de la frontière avec l’Afrique du sud, non résolue depuis l’indépendance). Et, si tous les fleuves permanents sont des frontières du pays, cela signifie donc qu’il n’y a aucun fleuve ou rivière dont l’eau coule tout au long de l’année à l’intérieur du pays. Oui, autant vous dire que le climat est très sec.


J’espère que toutes ces informations sur la Namibie vous ont plu et que je n’ai pas raconté trop de bêtises (n’hésitez pas à fact-checker et à me faire vos retours s’il y avait des erreurs !). Je trouve que la Namibie n’est pas un pays simple à comprendre ou à raconter car beaucoup de réalités s’entrecroisent, mais elle mérite en tous cas qu’on s’y intéresse 🙂 A bientôt pour un prochain article !

