Une semaine à Izmir en Turquie : pour un grand bol d’air de vacances

Quand on habite en Azerbaïdjan et que sa moitié habite en Serbie, il n’est pas toujours évident de trouver des destinations qui conviennent à chacun pour se retrouver pour les vacances. En plus, en terme logistique, c’est souvent difficile de faire correspondre les vols, les prix et les horaires de chacun. Depuis Bakou, il y a peu de vols directs à l’international et les frontières terrestres sont toujours fermées : cela ne nous laisse pas beaucoup d’options en perspective !

Mais, depuis que je suis arrivée à Bakou, j’entends beaucoup parler d’Izmir (aussi connue sous le nom de Smyrne) en Turquie : ses plages, son atmosphère détente, ses bars… Et l’idée de m’y rendre me trotte dans la tête depuis ! Bon, attention quand même, avant de réserver votre avion ne faites pas mon erreur : il faut savoir qu’en réalité, Izmir étant un port, il n’y a pas de plage sur place ; ceux qui vous parlent de plage pensent certainement à la région d’Izmir où effectivement, le sable fin vous attend, mais toujours au moins à une heure de route. Sacré déconvenue post-réservation.

Heureusement, je ne suis pas fan des vacances 100% plage. Et, honnêtement, Izmir s’est avérée être une destination absolument parfaite pour une semaine de vacances même comme ça ! On a fait du culturel, du gustatif, de l’ancien, du neuf, de la baignade, des aventures… Un programme bien chargé (mais pas trop !) que je vais vous détailler ici n’étant pas peu fière de l’organisation de notre séjour 🙂 En espérant que cela pourra inspirer vos propres préparatifs et vous donner envie d’aller, vous aussi, explorer Izmir !

La vue de la baie. Bon c’est pas la plage, mais c’est pas dégueu non plus.

Jour 1 : Arrivée à Izmir et premières explorations 

Mon arrivée à Izmir ne s’est pas faite sans complications, un euphémisme pour vous avouer que j’ai commencé mon voyage par rater l’avion ! Il a fallu garder son calme pendant quelques heures jusqu’à ce que, problème résolu, j’arrive enfin à destination. Et, à peine posé le pied sur le tarmac, je vous garantis que tous vos problèmes s’envolent ! Le grand soleil, l’air frais de la mer, les gens sympathiques… Tous les ingrédients sont là pour vous faire passer de bonnes vacances. Ma première mission est de retrouver Saša qui m’attend déjà depuis quelques temps (oups !). C’est lundi, et, avant d’aller explorer la ville et d’établir notre plan de bataille touristique, on doit d’abord se reposer un peu. On loge à l’hôtel Viva la Vita dans le quartier de Alsancak (prononcez : Alsandjak). Les chambres sont toutes petites mais joliment décorées et l’emplacement de l’hôtel absolument parfait pour tout ce qui est sorties, restaurants et ambiance, puisque Alsancak est à la fois le quartier touristique et le quartier « cool » d’Izmir.

Pour ce premier jour on décide de partir sans but précis afin de prendre la température de la ville. D’ailleurs, en parlant de température, on est au mois de mai et il fait déjà 30 degrés : heureusement, le vent du bord de mer vient nous rafraîchir les mollets mais je me dis que, quand même, les gens doivent avoir bien chaud en été ! Notre première et plus importante étape, bien sûr, c’est manger. Ça tombe bien car il y a plein de resto littéralement au pied de l’hôtel. On choisit le Poetika Kafe où on commande un café turc et un « menemen« , sorte d’omelette du petit déjeuner, pour bien commencer la journée. Jusqu’à présent (et ça se confirmera au fil des vacances) les gens ne parlent pas trop anglais mais ils sont tellement gentils que ça n’a pas d’importance. Un peu d’azerbaidjanais bredouillant par-ci, quelques mots anglais par-là, des sourires et hop, on se comprend tous. 

La balade le long de la mer est super agréable, et, au gré des arrêts intempestifs, on tombe sur l’endroit le plus cool de la ville (et oui, rien que ça !) j’ai nommé… L’Institut français d’Izmir évidemment (comment ça je suis pas du tout objective ?) ! On s’attarde un peu devant une exposition sur les bandes dessinées et la géopolitique qui nous donne envie de lire plein de livres et même de nous inscrire à la charmante médiathèque (c’est vous dire !). On continue ensuite notre chemin jusqu’à la place de l’horloge, où il y a, ben… Une horloge… Et beaucoup de gens. C’est la place centrale d’Izmir située dans le quartier tout aussi central de Konak. Sachez que la tour de l’horloge, symbole de la ville, a été dessinée par un architecte français, je dirais même landais, qui était venu donner des cours de FLE. Le monde est petit.

Alors on continue et on se dit qu’on peut aller toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fooort (ohlala je m’emporte) vers… L’Asansör d’Izmir ! Situé au bout du quai c’est un ascenseur gratuit construit en 1907 qui permet d’accéder aux hauteurs de la ville et de profiter d’un superbe panorama ! Nous, comme on est pas toujours très bien organisés, on a réussi à manquer l’ascenseur et à la place on a pris les escaliers. Une balade charmante que je recommande néanmoins plus au retour qu’à l’aller car ça grimpe pas mal ! Sur les hauteurs de la ville, vous trouverez de nombreuses petites ruelles mignonnes et un café qui sert de très bons gâteaux et ice latte : le Kirkmerdiven. Après une telle montée, c’est bien mérité 🙂 

Fin de notre première journée à Izmir, finalement déjà bien remplie pour un simple repérage ! On mange du poisson en bord de mer et on rentre se coucher tôt pour être prêts à attaquer notre deuxième journée d’aventures ! 

Jour 2 : Place à l’histoire 

Pour cette deuxième journée, on se sent déjà presque comme des locaux et on est prêts à aller explorer Izmir et notamment l’histoire de la ville. On décide d’aller visiter l’Agora, coeur de l’ancienne cité antique, dont les ruines sont situées dans le centre-ville. Sur la route, on se dit, tiens, on va passer par le Kültürpark, comme ça ce sera plus agréable avec la chaleur… C’était sans compter le manque d’arbre donc, niveau chaleur, voilou, par contre on est tombés sur deux choses intéressantes : une manifestation qui semble être un rassemblement syndical (des Turcs dans la salle pour nous expliquer ?) et un musée dans le parc (comme quoi il porte bien son nom) qui avait l’air tout petit et finalement s’est avéré être le Musée d’Arts et d’Histoire de la ville, donc, assez immense. On s’y est perdus pendant bien deux heures. Au programme : une super installation qui refait toute l’histoire d’Izmir avec des documents historiques, des vidéos, des coupures de presse d’époque… Bref on a beaucoup appris même si tout était en turc et ce qui devait être une simple halte s’est finalement transformée en véritable excursion.

Sortis de cet antre muséal surprise, retour à nos objectifs archéologiques. L’Agora est un site encore actuellement en cours de fouille archéologique et dont la visite est très agréable malgré la chaleur. Elle aurait été construite vers le IVe-IIIe siècle B.C. et constituait le centre administratif de la ville. Une boutique à la fin vous vend de l’eau (bien joué l’équipe marketing) et quelques souvenirs ce qui, comme vous le savez, me ravit toujours. On tente la visite du musée de la radio et de la démocratie (vaste programme) mais on trouve malheureusement porte close (tirez-en les conclusions que vous souhaitez). Tant pis, c’est ça le tourisme aussi, il faut savoir s’adapter, du coup on mange une glace à la place ce qui reste quand même une belle activité.

Finalement on décide de continuer à se balader en ville où on tombe sur une rue piétonne assez mignonne entourée de stands de livre et de souvenirs (la rue Şevket Özçelik) et un chouette magasin d’artisanat … Notre dernier arrêt de la journée : le Musée Atatürk ! Ah oui, j’ai oublié de vous dire : Izmir, c’est vraiment LA ville de Atatürk, aussi connu sous le nom de Mustafa Kemal Pasha (Atatürk étant le surnom que les Turcs lui ont donné plus tard et qui signifie « père de la Turquie« ). Ici, Pasha Atatürk est sur toutes les banderoles, toutes les fenêtres, tous les murs, et il a son musée dédié (gratuit !) pour découvrir son histoire. Une visite que je recommande, très intéressante pour découvrir l’histoire de ce personnage considéré comme le fondateur de la Turquie moderne, laïque et unifiée. L’histoire en Turquie retient principalement les grandes avancées du pays qui se transforme alors en République à part entière tout au long des années 1920 et 1930 (Atatürk meurt en 1938) mais il n’est que rarement précisé le prix payé afin de réaliser cette modernisation à marche forcée : mise au pas et assimilation des minorités ethniques, culturelles, religieuses et plus généralement de toutes personnes s’opposant aux réformes parfois radicales du leader. Bref si les Turcs sont aujourd’hui très heureux dans la belle et libérale Izmir, les Grecs se rappellent encore de « la catastrophe de Smyrne » de 1922 qui les as définivement chassés de la région.

Fin du cours d’histoire

 Jour 3 : Excursion à la plage 

Bon, c’est pas tout, mais nous on nous avait quand même vendu Izmir comme « the place to be » pour la plage. On a pris nos maillots de bain et tout nous, on est plus que prêts. Donc, plage it is, les amis. Après moult hésitations et moult recherches sur les internets, on décide de se rendre à Alaçatı (prononcez : Aladjateuh), une ville balnéaire super cute à environ une heure d’Izmir. Première étape pour cette excursion, aller la gare routière d’Izmir (Izmir Otogar – 45 minutes de tramway + bus depuis Alsancak). Puis, comme on nous avait dit de ne pas prendre de grand bus mais de privilégier les mini-bus, on a un peu erré, sans succès, et, finalement, on a décidé de payer « le prix fort » (50 lyras pour deux, moins de 5 euros à l’heure actuelle) aux messieurs pas très sympathiques de la compagnie Çeşme Seyahat. En vrai, ne vous cassez pas la tête, le service est top : le bus est super confortable, les places numérotées, le chauffeur tout à fait à l’heure, bref, c’est un vrai plaisir.

On prend la direction Çeşme mais on descend à l’arrêt Alaçatı où nous déambulons dans une ville composée d’une succession de « boutique hotel » vraiment mignons, de restaurants avec des coussins qui n’attendent que vous, et des boutiques de souvenirs même pas kitsch. C’est très agréable pour se balader en journée même si personnellement je suis contente de ne pas avoir pris d’hôtel ici tant le lieu est à 100% dédié aux touristes (beaucoup d’Azerbaïdjanais d’ailleurs).

Après 2 ou 3 heures passées à arpenter les ruelles colorées d’Alaçatı il est quand même temps d’aller à la plage ! On attrape un taxi direction la côte pour pas très cher et on s’échoue à la Ilıca Plajı (la première qu’on voit, on est pas difficiles). Sur place vous pouvez louer un parasol, acheter à manger et à boire, et même vous faire des amis puisque c’est plein d’européens (nos voisins de plage viennent de Dunkerque, tu m’étonnes qu’ils soient venus en vacances ici !). L’ambiance de la plage est familiale, il y a de la place, l’eau est propre, c’est donc parfait pour nous, les baigneurs du dimanche 🙂 En fin d’aprèm, nous sommes partis en quête d’une gare routière plus proche pour le retour : chose faite à la « Ilica otagari« , qui est en réalité un autre arrêt du trajet Izmir – Çeşme effectué à l’aller. Trop facile.

Après toutes ces aventures on a bien mérité un bon repas d’amoureux, et encore une fois ça tombe bien, il y a un super resto à 20 secondes de notre hôtel, le Beyaz Konak. Au menu ce soir : mezzes au choix (qu’ils ont choisi eux mêmes car nous on était trop fatigués pour prendre des décisions), poissons et vin blanc ! Miam. C’est pas le resto le moins cher mais c’était trop bon et le décor est quand même assez cool : on valide.

Jour 4 : Repos à Izmir

Pour notre 4ème jour, c’est tranquille. Au programme, brunch dans un endroit super chouette qu’on avait un peu repéré par hasard, le 80ler Kahvaltı Alsancak, que vous pouvez traduire par : le petit-déjeuner d’Alsancak des années 80. Bon ben l’endroit porte bien son nom, y a pas à dire. C’est sympa, copieux et familial. Le brunch a une partie « plats chauds » et une partie « plateau géant avec plein de trucs » en illimité. L’endroit idéal pour découvrir les spécialités du fameux petit-déjeuner turc. On s’aventure ensuite en bateau-bus grâce à notre Izmir card (dont l’achat est fortement recommandé pour tous vos déplacements en transports en commun) à la découverte de l’autre rive d’Izmir ! C’est toujours un plaisir de visiter des villes qui proposent un service de transport en commun en bateau. Ça nous rappelle de bons souvenirs à Istanbul et même à Bordeaux. On descend à l’arrêt Karşıyaka İskelesi, on marche un peu (pas beaucoup) avant de tomber sur le Efes Corner et ça tombe bien, car on avait pas encore assez profité d’un monument gastronomique local : la bière turque. Santé !, ou comme on dit ici : Şerefe !

Jour 5 : Excursion à Selçuk

Cette journée sera la plus intense de notre voyage : l’excursion à Selcuk pour aller voir les ruines de la cité d’Ephèse ! Départ à l’aube (genre midi), d’abord en métro puis en train (parce qu’on avait raté la correspondance avec l’autre métro, mais en vrai c’est hyper bien connecté comme endroit et vous pouvez y aller entièrement en métro) et, après environ 1h30 de trajet, on arrive enfin à Selçuk, point de départ de notre journée ! On commence par visiter la Forteresse d’Ayasoluk d’où vous pouvez profiter d’une superbe vue sur la ville, puis la Basilique Saint-Jean, dénommé ainsi car ce serait ici qu’il a rédigé les évangiles et vécu avec la mère de Jésus, et enfin le musée Ephèse plein de trésors archéologiques et dont la visite permet de se faire une meilleure idée de l’histoire de la cité d’Ephèse (et puis faire une pause clim aussi) (et puis la boutique).

Déjà bien fatigués par toutes ces activités, la nécessité d’une pause déjeuner commence à se faire grandement sentir et là, miracle, apparaît un endroit au top que je vous recommande pour sa simplicité, sa rapidité et surtout son goût merveilleux, c’est le Petek Çöp Şiş, juste en sortant du musée 🙂 On essaye de pas trop traîner pour être sûrs d’avoir le temps de tout visiter tranquillement à Ephese. Une navette nous emmène pour quelques lyras directement à l’entrée du site. Finalement ce n’est pas plus mal d’arriver en fin d’après midi car la journée le soleil chauffe pas mal. Le parc est magnifique à visiter et on a du mal à ne pas prendre 1000 photos de chaque ruine, si on peut appeler ça des ruines tellement c’est beau. La bibliothèque de Celsus, le théâtre antique, les maisons en terrasses… Tout est beau ! C’est fatiguant ! Même les toilettes sont intéressantes à visiter ! Seul bémol de la visite : le temple d’Artémis, normalement parmi les 7 merveilles du monde, lui, n’est pas en excellent état

Jour 6 : dernier jour à Izmir – nous sommes de vrais locaux 

Pour notre dernière journée complète à Izmir, on se prend désormais pour de vrais locaux. Pour notre petit déj on va manger des « gevrek » du Zeynel Ergin Gevrek Fırını et des « boyoz » du Alsancak Dostlar Fırını, suivant la recommandation de Ozan, un ancien volontaire du Corps Européen de Solidarité qui vient d’Izmir et dont j’avais fait la connaissance virtuelle grâce au projet #ENV4env. Ce sont deux supers adresses, en plein centre-ville, fréquentées par les locaux comme par les touristes, c’est pas cher et en plus très bon. On est un peu gourmands et on commande trop pour nos estomacs, ce qui ne nous empêche pas de tout terminer.

On décide ensuite d’aller remplir notre quota musée de la journée en allant visiter le Musée du train, devant lequel nous sommes passés à de nombreuses occasions sans avoir pu nous y arrêter. Le musée est assez rapide quoique ludique à visiter et ce même si rien n’est en anglais, car les nombreux objets que l’on peut y découvrir nous suffisent à nous transporter dans une autre époque. En plus, le musée est gratuit et ouvert tous les jours sauf les jours fériés (notamment le 19 mai, quand on y était, journée de la jeunesse et du sport mais surtout journée d’Atatürk). Après cette visite, au détour d’une rue, on entre au hasard dans l’église anglicane où une dame nous accueille très gentiment et nous explique l’histoire du lieu avant de subtilement tenter de nous convertir. Bien essayé madame, mais très peu pour nous !

Nous notre religion, elle est ailleurs, et tels de vrais Izmiriotes on part au cinéma assouvir notre besoin de spiritualité grâce au dernier film de Gaspard Noé (le seul qu’on pouvait voir puisqu’en français), le fameux « Vortex« . Excellent, déprimant, beau, étonnant, bref, une œuvre à voir dont je suis ressortie assez chamboulée. Pour se remonter un peu le moral, nous terminons la journée avec l’une de nos activités préférées : le géocaching (Comment ? Vous ne connaissez pas encore le géocaching ?) ! En plus ça tombe bien, notre quête nous emmène au Kizlaragasi Han Bazaar, lieu un peu trop touristique à mon goût, mais que nous n’avions pas encore eu l’occasion de visiter.

C’était donc le récit de notre semaine à Izmir. Un séjour à la fois court mais intense, qui nous a chaque jour émerveillé ! On vous conseille chaudement la destination ☀️ Vous êtes convaincus ? 🙂

Merci Izmir !

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