Éthiopie : cap vers les Bale Mountains (épisode 4/4)

C’est déjà l’heure de la quatrième et dernière partie de notre récit de voyage en Éthiopie ! Un voyage court mais, comme vous l’aurez compris, intense. Après la découverte d’une culture éthiopienne unique, après nos premiers pas dans la capitale Addis Abeba, et après notre périple dans le nord du pays à travers la région Afar pour observer (et sentir !) les merveilles d’un sol volcanique, il est temps de vous raconter notre séjour dans les montagnes du sud-est du pays en région Oromia à la rencontre des Bale Mountains.

Ambiance complètement différente en Oromia comparé à l’Afar !

Nous avons longtemps hésité entre nous rendre dans les montagnes Simiens ou dans les montagnes Bale car notre super guide Melese est justement un spécialiste des Simiens. Ces dernières sont par ailleurs plébiscitées par de nombreux touristes et randonneurs (d’après Melese, surtout des Français à la retraite ! Ils sont partout !), signe de beaux paysages en perspective. Malheureusement, la région étant indiquée en rouge vif sur la carte du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, notamment autour de la ville historique de Gondar (ce qui signifie, en gros, n’y allez pas), nous avons préféré éviter de prendre le risque. Les Bale Mountains, inconnues au bataillon, nous ont donc ouvert leurs bras et nous n’avons pas été déçus : les Simiens ce sera pour la prochaine fois !

Pour rappel, la carte sécuritaire de l’Éthiopie disponible sur le site France-Diplomatie, et n’oubliez pas de vous inscrire sur le fil d’Ariane quand vous voyagez, on ne sait jamais !

C’est donc reparti pour notre équipe d’aventuriers qui a troqué son sommeil contre des découvertes ! Départ d’Addis de nouveau à l’aube pour prendre un énième avion direction cette fois-ci la ville de Goba, ou plutôt la ville de Robé où se trouve l’aéroport de Goba (hmm ça se complique déjà…). Melese et toute la team nous attendent sur place et c’est un plaisir de les retrouver dans un tout autre décor ; ici, pas de caillou à perte de vue, ni de sécheresse ou de grande chaleur, bien au contraire ! Nous découvrons dans cette région des champs verdoyants, une nature luxuriante et un climat très doux, presque frais. L’Oromia est la plus grande région d’Ethiopie et elle est connue pour être le puit de l’Afrique de l’Est grâce à ses nombreuses sources d’eau permettant une agriculture et un élevage développés. C’est aussi une région montagneuse et à majorité musulmane.

Déjà formés à un premier voyage en compagnie de Melese, nous étions prêts à affronter les conditions climatiques les plus extrêmes associées à un manque de confort digne des aventures les plus périlleuses. Cette fois, pas question de s’encombrer avec du matériel inutile tel que du savon ou même une serviette ! On se sentait très fiers de notre rapidité d’adaptation. Mais ça, c’était avant de découvrir notre camp pour les deux prochaines nuits : des magnifiques tentes quechua Black & fresh (toutes neuves car amenées par nos soins de France pour rendre service à Melese car il n’y a malheureusement pas de Décathlon en Éthiopie!), installées sur un charmant terrain ombragé à proximité d’une douche et de toilettes fonctionnels. Bon, et bien, tant pis pour la douche…

Nous rencontrons notre guide Abdissa et démarrons notre visite de la région dès notre arrivée en commençant par une longue balade à travers le plateau Sanetti du parc naturel des Bale Mountains. Nous avons vite le souffle court car ici nous nous trouvons à plus de 3000m d’altitude : ça nous change des 130 mètres en dessous du niveau de la mer du Danakil ! Le parc fait 2150km2 et on y trouve 5 zones de végétations différentes, 80 espèces de mammifères, 300 espèces d’oiseau et 1700 espèces de plantes. Notre guide nous explique tout de la faune et de la flore locales en précisant chaque espèce endémique (la formule « it’s endemic » est tres rapidement devenue l’hymne de ce séjour). Il nous aide à repérer les espèces emblématiques : le loup éthiopien (qui ressemble à un renard, endémique), le Melelik bushbuck (une antilope endémique), le Mountain nyala (is it endemic ?), sans parler des souris, lapins, phacochères et autres bestioles qui se baladent librement dans le parc.

Cet endroit est aussi un peu particulier car, si l’UNESCO a décidé de classer ce lieu en parc naturel, en réalité des populations locales habitent sur place, ce qui entre en contradiction avec la protection des espèces puisque dans un parc naturel, il est interdit d’exploiter les ressources que ce soit le bois, les animaux, les terrains… Le gouvernement éthiopien aurait donc mis en place un programme pour reloger les personnes qui vivent actuellement dans ce parc ce qui, bien évidemment, suscite des débats et des controverses sur la légitimité d’une telle pratique (sauf notre guide qui a un avis très tranché sur la question : priorité au parc, les humains n’ont qu’à aller ailleurs !).

C’est en tous cas un véritable bonheur de se promener au cœur de cette nature et de pouvoir profiter de l’air frais. Près de 4 heures de balade plus tard, nous retournons à proximité du village de Dinsho où se trouve notre camp pour cette fois ci profiter du calme de la forêt. Les arbres sont immenses et notre chemin ne croise que celui des cerfs et des phacochères. Le soir, un bon repas, quelques bières et un feu de camps nous attendent : notre guide sait nous faire plaisir ! Alors que la nuit tombe nous allons nous coucher au chaud dans notre tente, à peine perturbés par les singes Colobus qui viennent nous renifler pendant notre sommeil…

Pour le deuxième jour de notre exploration des Bale Mountains, cette fois ci nous partons à l’ascension du deuxième plus haut pic d’Éthiopie, Tulu Dimtu, situé à 4377m d’altitude… Mais en voiture ! Malheureusement, même si nous étions prêts à en découdre avec la montagne, le chemin est trop long et compliqué pour monter à pieds (et puis, puisqu’il y a une route, pourquoi s’embêter ?). Nous sommes un peu déçus car même si nous ne sommes pas de gros randonneurs nous aurions aimé pouvoir faire semblant de grimper un peu, mais, si on est honnêtes, on ne serait jamais arrivés aussi haut à la seule force de nos petites jambes et de nos petits poumons peu habitués à ces hauteurs !

Heureusement, la journée n’est pas finie et nous aurons l’occasion de faire plusieurs petites balades histoire de nous dégourdir les pattes, notamment à travers la forêt Harenna pour aller voir des cascades, des oiseaux, ainsi qu’un joli point de vue où a été construit un monument en mémoire du fondateur du parc. Ce dernier a perdu la vie en 2018 en tentant de sauver le parc d’un grand incendie provoqué par une intervention humaine. L’après midi est aussi l’occasion de nous restaurer dans un petit village, un repas frugal car nous sommes en période de ramadan, à base d’épinards, de miel maison et d’enjara, cette sorte de crêpe éthiopienne qui accompagne tous les plats !

Notre journée d’exploration se termine en ville pour faire un peu de shopping (autant vous dire qu’on ne passe pas inaperçus…) et déguster un bon café dans un établissement local.

Le troisième est dernier jour de notre séjour dans les Bale Mountains consiste en une nouvelle randonnée(oui c’est quand même beaucoup de promenades cette affaire) dans une autre zone du parc où on dit au revoir aux animaux (endémiques) rencontrés. Il est ensuite déjà temps de se rendre à l’aéroport pour retourner à Addis et ainsi clôturer notre séjour éthiopien. On fait nos adieux à Melese, Djedjen et Abdou qu’on remercie chaleureusement car c’est grâce à eux que notre voyage s’est aussi bien déroulé et c’est déjà l’heure de décoller !

Amasegnalo l’Éthiopie, tu étais très konjo 🙂

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